Expédition Qhapaq ñan : l’Inca naani

La dernière partie du voyage longe la partie sud de la cordillère blanche, puis les cordillères Huayhuash et Raura. Le Qhapaq Ñan est appelé localement Inca Naani et quitte la région d’Ancash pour traverser la région de Huánuco et terminer au Nord de celle de Pasco.

Après une partie pénible et chaude entre Huari et le village de Castillo, le chemin inca prend rapidement de la hauteur et arrive au superbe tambo de Pincos actuellement appelé Tambo de Soledad. Le chemin et le site ont été restaurés et si leur aspect est impressionnant, on regrettera la présence d’immondes panneaux informatifs en béton un peu de partout, c’est apparemment la marque de fabrique du projet Qhapaq ñan du gouvernement péruvien ! La montée dans la vallée est de plus en plus raide mais j’ai été tenu en haleine par la beauté du chemin jusqu’au sommet. Après ma première véritable attaque de chiens à 5 contre 1, j’ai atteint San Cristóbal de Tambo où je ne m’attendais pas à dormir dans la cour d’une école fantôme abandonnée depuis 10 ans. J’ai dû affronter encore deux chiens pour demander de l’eau à un éleveur qui m’avais dépassé lors de la montée !

Le jour suivant, une courte descente m’emmène à la petite ville affreuse d’Ayash, mention spéciale car des villes aussi laides à l’ambiance aussi particulière sont heureusement peu courantes ! J’ai ensuite remonté une longue vallée, vu la mine d’Antamina au loin et croisé un 4×4 roulant tranquillement sur le Qhapaq ñan ! J’ai ensuite pénétré dans une vallée d’altitude interminable constituée de prairies et de zones humides avant d’atteindre enfin le tambo de Taparako : une ruine immense dont la partie centrale est occupé par une école. J’ai campé au milieu des ruines incas et la nuit fut fraîche !

La vallée du Rio Taparako m’a réservé une belle surprise après la traversée ennuyeuse de la veille. Très resserrée, elle forme presque un canyon où l’eau très claire prend de jolies couleurs, quant au chemin inca il forme de magnifique petites chaussées surélevées. Je traverse des villages agrémentés de forêts de queñuales puis la route remonte vers des crêtes et je termine sur une piste jusqu’au village de Huaricashash où j’espère bien trouver à manger. Malheureusement ce gros village était presque un village fantôme mais j’ai réussi à trouver un taxi qui m’a emmené jusqu’à la ville de la Union pour éviter la dernière descente. J’ai vu deux belles lignes a haute tension traversant le Qhapaq ñan, juste à l’emplacement des panneau indiquant le « patrimoine intangibles de la nation » ils ont placé des pylônes !

Le lendemain j’ai rejoint les ruines de Huánuco Pampa : probablement le plus grand site inca en dehors de la région de Cusco. Le gardien du site semble rarement présent ce qui m’a permis une visite mythique, seul au milieu de ces ruines incroyables ! La sortie du site était une sorte de décharge (les ordures de la fête de l’Inti Raymi, ce qui en dit long sur ce genre de célébrations soit disant ancestrales…) et j’ai rapidement traversé le plateau en hors sentier puis franchis un petit lac par le chemin inca et atteint les hauteurs. Après l’exploration rapide d’une mini résurgence sortant d’une grotte, j’ai dépassé le hameau de Bellavista et conversé avec plusieurs personnes très aimables en route. Je ne me doutait pas encore de la fin d’après-midi qui m’attendait : une descente interminable ponctuée d’attaques de chiens complètement fous, la matinée avait été trop calme ! Je suis arrivé exténué aux sources chaudes de Baños pour une baignade méritée en maudissant la race canine et en imaginant les prochaines armes anti-chiens…

Départ en taxi de la ville de Baños le matin pour m’épargner une pénible montée vers le Qhapaq ñan. Je connaissais déjà cette portion que j’avais effectué dans le sens inverse quelques années auparavant. La montée vers le tambo de Tambococha était facile et après une attaque de chiens et plusieurs ponts inca j’ai rapidement atteint la vallée humide où se trouve le lac Tambococha. Un chien mort rencontré sur la route a comme un goût de revanche après tous les molosses affrontés la veille. Je m’attend à d’autres bêtes enragées dans le secteur, je les avais affrontées quatre ans auparavant en contournant les zones humides de Tambococha où ils avaient presque mordus une cliente. C’est finalement juste avant le lac que je me fait harceler par 4 chiens, leur propriétaires ne réagissent pas même lorsque je les interpelle, je décide alors de tenter une traversée tout droit après le lac en maudissant ces imbéciles et leurs chien dégénérés !

La rivière sortant du lac a la forme d’une sorte de canal large de 2 a 3 m, remplit d’1m30 de boue nauséabonde, je me rappelle pourquoi j’avais du faire un détour de 2km pour éviter le lac la dernière fois. Mais cette fois j’étais seul et avec de meilleures compétences de lancer de sac acquises en canyoning, j’ai réussi à trouver un bras assez étroit pour lancer mon sac et sauter 2 rivières et atteindre victorieusement l’autre côté de la vallée en un temps record ! J’ai ensuite rencontré une famille sympa, il m’ont aidé à traverser leur propriété en frappant eux mêmes leurs chiens débiles ! Après avoir filmé le superbe tambo inca j’ai terminé ma montée vers la piste de Gashanpampa où m’attendais un combat épique contre le chien le plus hargneux de mon voyage : une sorte de berger des Pyrénées qui m’a immédiatement attaqué seul et de front. Après avoir longuement essayé de lui coller une pierre dans la face, je renonce au combat contre cet expert de l’esquive et je continue ma route vers le hameau d’altitude bien décidé à revenir tuer tous les chiens de cette région qui a décidément un véritable problème canin (jusqu’à présent c’est le seul endroit où j’ai vu des chiens aussi hargneux et où une cliente s’est fait mordre ce qui avait demandé points de suture, vaccination anti rabique et arrêt du trek). A Gashanpampa se trouve un tambo moderne, un bâtiment institutionnel où les gens peuvent venir effectuer des démarches administratives et où je peux dormir gratuitement et profiter d’une connexion Internet. Je sers surtout a rompre la monotonie du quotidien du jeune gardien du tambo qui a l’air de s’ennuyer ferme et qui insiste pour m’acheter ma pierre allume feu.

Ma cuisinière a décidé de rendre l’âme pour mon avant dernier repas et je suis parti tôt le matin bien décidé à abattre des kilomètres. J’ai franchis le canyon du rio Lauricocha et remonte la vallée suivante heureux de croiser des alpagas au lieu des meutes de chiens ! Je suis ensuite entré dans une incroyable vallée d’altitude au fond de laquelle se niche l’école de Tambillo où étudient seulement 7 enfants. Comme il était tôt, j’ai décidé de franchir le col d’incapollo pour rejoindre un autre hameau à 6 km dans la vallée suivante. Après avoir remonté le col une deuxième fois dans l’autre sens pour cause de lunette de soleil oubliées au sommet, j’atteint l’école d’Andahuayla où l’infirmerie est fermée mais heureusement je trouve une dame qui accepte de me faire bouillir de l’eau pour que je puisse manger ma tartiflette lyophilisée !

Enfin, je connaissais déjà la marche de mon dernier jour qui me mène par des escaliers incas jusqu’au village de Huarautambo où se trouvent des ruines mythiques. C’est la fin de ce trek extraordinaire et je descend ensuite jusqu’à la ville de Yanahuanca avant de rejoindre Huanuco où un vol me ramène à Lima !

Des articles sur les sites archéologique traversés, sur le Qhapaq ñan et sur un état des lieux de l’évolution de la destruction de ce patrimoine unique arriverons prochainement sur le site, pensez à vous abonner.

Des photos et vidéos du treks sont également disponibles sur instagram.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.