Expédition Qhapaq Ñan : La route des Conchucos

Après voir passé Mollepata où le Qhapaq ñan se sépare en deux pour longer la cordillère blanche par ses deux flancs, je débutais la traversée par le flanc Est de la cordillère où se trouve le tronçon principal de la route inca. Cette portion est encore assez discontinue et j’ai sagement évité plusieurs segments où le randonneur est condamné à marcher au bord de routes poussiéreuses.

Entre Conchucos et Sihuas, le chemin inca s’élève à travers une belle vallée. Le chemin est ici magnifique et bien conservé et j’ai été rassuré de progresser enfin un peu plus rapidement ! Après une montée interminable a travers la Puna et des cols qui cachent d’autres cols j’ai enfin trouvé le tambo de Pariachuco, une magnifique ruine inca nichée a plus de 4200 m. Durant tout l’après-midi, puis tout la nuit, j’ai enduré un vent terrible que je n’avais jamais connu auparavant dans les Andes. Le lendemain, une magnifique traversée d’altitude a précédé une piste interminable où j’ai par chance trouvé un véhicule qui m’a épargné 12 pénibles kilomètres ! Sihuas est une ville de basse altitude au climat chaud où il fait bon se reposer avant l’étape suivante…

De Sihuas j’avais prévu de sauter une importante portion de bord de route afin de gagner une journée, de plus je comptais éviter le segment normal du chemin inca pour tenter de passer par une crête abritant plusieurs sites archéologiques dont un tambo inca prometteur. Malheureusement je suis encore resté  bloqué par une histoire de colectivo et je me suis rabattu sur un transport vers Chinchobamba sur l’itinéraire normal. Au bout du 6 ème jour de trek je me sentais enfin en forme et j’ai décidé de tenter d’atteindre le fameux Tambo en aller/retour depuis le col de Palo Seco. La route inca secondaire qui se rendait aux ruines était extraordinaire malgré quelques passages difficiles et le tambo inca était largement à la hauteur de mes attentes et m’a offert de superbes prises de vues. De retour à Palo Seco j’ai avancé un peu avant de camper sur le Qhapaq ñan.

Le lendemain, une superbe traversée sur le chemin inca m’a causée quelques difficultés à cause d’effondrement et de glissements de terrains a franchir. Après une matinée interminable, j’ai atteint le col au dessus de Pomabamba et enchaîné avec une longue plongée vers la vallée en passant par les ruines d’Alpamayo. Pomabamba est une petite ville très animée mais pas très élégante.

Après Pomabamba, j’avais l’idée de sauter une étape ennuyeuse vers le village de Piscobamba et de profiter de ce temps pour visiter des ruines. Heureusement j’ai facilement trouvé un chauffeur qui m’a approché au plus près de Yayno, un des joyaux de la civilisation Recuay (400-800 de notre ère). Le site est aussi extraordinaire que prévu avec ses immenses édifices, un article spécifique est déjà prévu ! Je suis arrivé à la mi journée à Piscobamba, un village avec pas mal de charme et une place immense où trône une arbre probablement plusieurs fois centenaire. L’après-midi j’ai décidé d’avancer un peu pour réduire la difficulté de la journée du lendemain et ce fut une bonne idée car la descente vers le Rio Yanamayo était loin derrière plusieurs crêtes bien raides !

Après ma nuit face à la cordillère blanche, je suis parti tôt pour éviter la chaleur et j’ai entamé ma descente vers mon second gros inconnu : le pont de Pacayaku est il en état pour pouvoir traverser ? Dans le cas contraire je devrais remonter près de 1000m et effectuer un long trajet en voiture.  Après une superbe descente à travers arbres, bromélias et cactus, je suis arrivé au fameux faux pont inca composé de câbles. Son mauvais état m’a réservé une traversée épique mais j’avais heureusement emporté de quoi m’assurer. La remontée en face se fait par un superbe chemin inca. Mais la chaleur et la longueur de la montée m’a tout de même fait souffrir dans la dernière partie, arrivé au village de Yauya pas question d’aller plus loin, je me suis installé pour la nuit.

La dernière étape de la traversée de Conchucos est une route d’altitude permettant de rejoindre la ville de Huari. Après une montée interminable avec une trace gps hasardeuse j’ai suivi un chemin inca en mauvais état pour enfin arriver sur une immense voie pavée qui rejoignait le tambo de Maraycalla. En forme, j’ai décidé de continuer quelques heures puis de camper sur le chemin.

Le lendemain je suis parti avec de la neige et de la pluie, le chemin inca est superbe et traverse des vallées d’altitude avant de plonger vers la vallée de Huari. Ma descente s’est faite au pas de course et j’ai rapidement trouver un transport pour m’éviter 20km sur une piste. Arrivé à Huari j’ai fait sécher l’intégralité de mon matériel ! Cette petite ville marque la fin de la traversée des Conchucos qui m’a fait longer toute la cordillère blanche. La dernière partie du trek est l’Inca Naani, nom donné au Qhapaq ñan entre la fin de la région d’Ancash et la région de Huanuco.

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