Rupac

Rupac est un site archéologique de la civilisation Atavillos qui a régné sur la partie andine des vallées des fleuves Chancay et Chillon durant l’intermédiaire tardif (800-1470), avant d’être conquis par les Incas. Rupac est surnommé le Machu Picchu limeño de part sa localisation géographique ou la citadelle de feu en référence a ses couchers de soleil rougeoyants. C’est l’un des plus beaux sites de la région de Lima et son état de conservation est assez exceptionnel pour un site à l’abandon.
Le site se visite facilement au départ de Lima sur deux jours avec un bivouac au sommet.

Comment s’y rendre

De Lima, prendre un bus Zbus à destination de Huaral tôt le matin, idéalement avant 7 am. Compter environ 2h de route de Lima à Huaral, plutôt 2h30 si vous ne partez pas avant l’heure de pointe . Il existe un terminal dans le quartier de Rimac peu recommandé si vous ne connaissez pas bien Lima (se faire déposer à la porte et ne pas sortir du terminal, le quartier est dangereux). Sinon le terminal de Plaza Norte est un lieu sur pour prendre un bus vers Huaral ou vers les destinations du Nord du Pérou. A Huaral sortir du terminal et chercher un taxi ou un Colectivo vers le village de la Florida. Je recommande de tout de suite négocier une course jusqu’au hameau de Pampas situé plus haut (et d’économiser ainsi 600 m de dénivelé à monter !), se renseigner aussi sur votre retour, n’espérez pas trouver une foule de véhicules pour vous ramener à Huaral lors de votre retour. Le mieux si vous êtes bon marcheur reste de monter depuis Pampas et de revenir jusqu’à la Florida (le tronçon Pampas la Florida est beau !). Le prix du Colectivo est d’une vingtaine de soles et d’environ 120-150 Soles l’aller pour une course. Compter environ 3 h pour rejoindre la Florida ou Pampas depuis Huaral. A la Florida vous passerez à la caisse de la communauté locale et payerez le super billet de 5 Soles pour l’accès aux ruines… normalement illégal, seul le ministère de la culture à le droit de faire payer l’accès a des ruines, mais vu qu’ils ne veulent pas s’occuper de Rupac malgré des nombreuses demandes, la communauté de la Florida se débrouille toute seule !

La Florida vue de Rupac

La randonnée

De Pampas, traverser la hameau et prendre l’unique chemin à travers les champs, descendre jusqu’à la cascade. C’est le dernier point d’eau avant le sommet, lors de mon dernier passage il y’avait un captage de source avec des robinets sur le camp, renseignez vous auprès des habitants pour ne pas vous retrouverez à sec en haut ! A la seule bifurcation après la rivière, prenez le chemin vers le haut (c’est fléché sur un rocher) et entamez la dure montée désertique vers la crête. Arrivé à la crête ne manquez pas la vue sur les superbes ruines de Marca Kullpi, et non ce n’est pas encore Rupac ! Vous pourrez visiter ces ruines le lendemain au retour, continuez la courte montée qui vous mènera au camp. 4h de marche sont nécessaire pour atteindre les ruines, un peu plus si vous emportez un lourd sac à dos. Si vous venez en semaine vous pouvez bivouaquer dans les ruines (j ai bien dis bivouaquer, pas de feu, pas de bruit, pas d’ordures, démontage de votre tente le plus tôt possible), sinon dormez sur le camp avec les touristes limeños (choisir le coin le plus éloigné des groupes avec de la musique !).

Une rue de Pampas

La visite

Rupac est un site composé de 51 édifices. Jusqu’aux récentes fouilles, on pensait que Rupac site combinait des fonctions militaires, religieuses et administratives. Les conclusion des fouilles financées par l’université de San Marcos tendent à prouver que Rupac fut avant tout une ville funéraire destinée au culte des ancêtres.

Les édifices principaux de Rupac ont été numéroté lors d’études architecturales du site – Image Marussi Castellan Ferruccio

On distingue quatre types de bâtiments :

– Les Chullpas : ces édifices funéraires ont plusieurs formes à Rupac, certains ressemblent à de petites tourelles avec une seule cavité, d’autres de formes allongées mesurent plusieurs mètres de large comme les grandes tombes situées au SE du site. On trouve encore de nombreux ossements dans les Chullpas.

– Les Kullpis : le type d’édifice principal et représentatif des Atavillos. Ces tours dont certaines mesurent une dizaine de mètres de hauteur sont des habitations entièrement construites en pierre. A l’extérieur ont distingue la tour principale et des vestibules ou couloirs d’entrée de taille variables, beaucoup ont été détruits. Les tours sont d’aspect simples et possèdent deux éléments décoratifs : le toit en pierre qui comporte une corniche et l’énorme niche trapézoïdale qui orne le mur principal de certains Kullpis. L’intérieur des tours est complexe et il faut souvent ramper à travers un ou plusieurs couloirs pour se faufiler jusqu’à l’intérieur. Les Kullpis possèdent un sous sol, une pièce principale et des pièces/niches situées en hauteur (soit une organisation sur trois niveaux). Le plafond utilise le système de fausse voûte (des pierres qu’on décale petit à petit vers l’intérieur du bâtiment jusqu’à former un plafond) qu’on observe dans des sites anciens comme Chavin de Huantar puis dans presque tous les bâtiments des civilisations suivantes. Dans certain Kullpis ont remarquera aussi la présence de cheminées avec un très large conduit donnant jusqu’au toit (destinées à la cuisine ou la ventilation). Ne manquez surtout pas d’explorer un maximum de Kullpis dont les intérieurs différent.

Intérieur d’un Kullpi avec des ossements

Les fouilles réalisé en 2017 montrent que les étages inférieurs étaient utilisés pour enterrer les momies accompagnés d’offrandes. L’étage principal était utilisé par les Atavillos pour vivre de manière temporaire, loger, cuisiner. Les niches des étages supérieurs abritaient des offrandes, des cranes et os d’humains et d’animaux. En conclusion les Kullpis présentent une organisation tripartite rappelant la vision du monde andin divisé en trois niveaux (monde souterrain des morts, monde terrestre des vivants, monde céleste des dieux). Leur occupation aurait été seulement temporaire à l’occasion de rituels liés au culte des morts, tels qu’ils existent encore au Pérou et notamment dans les Andes Centrales pour la Toussaint (les gens se rendent dans les cimetières une fois par an pour manger effectuer des offrandes et divers rituels liés au culte des défunts).

Un Kullpi Atavillo
Vue en coupe d’un Kullpi Atavillo – Image Marussi Castellan Ferruccio

Le Conseil : Ce bâtiment se retrouve dans plusieurs sites archéologiques Atavillos. Il est constitué d’une sorte de grande allée couverte d’un toit et ornée de niches bordant une place. Cet ensemble était probablement une place cérémonielle destinée à réaliser des offrandes. Les fouilles de 2017 identifient ces édifices comme des construction d’époque incas servant de symbole du pouvoir inca et à l’administration du lieu.

Le conseil et la place de Rupac

– Le dernier type de bâtiment : est compose d’une pièce rectangulaire avec de hauts murs, parfois adossée à un Kullpi, sans toit et avec de nombreuses niches. Les fouilles de 2017 identifient les cours et place comme des espaces pour réunir les population et pour les activités domestiques (élaboration de textiles, consommations d’aliments).

Rupac possède de nombreuses ruelles qui serpentent entre les différents bâtiments, ne manquez pas la ruelle couverte formée par les toits des Kullpis n°35 et 36. La destruction de nombreux murs rendent la circulation difficile au sein du site et on peine à distinguer la place principale situé au sommet de Rupac sous les monticules de pierres.
Bien que la zone semble très aride, la ville était approvisionnée en eau par un canal et différentes sources. Le Cerro mango est aussi un immense cirque qui capte les eaux de pluies qui descendent vers la vallée puis vers le rio Chancay.
En plus de sa position dominant la vallée, Rupac était entouré d’une muraille d’enceinte. L’accès au site est donc plus facile depuis le camp par le SE.

Les règles de visite

Depuis quelques années le site est devenu trop connu des Limeños et voit passer des hordes d’agences peu scrupuleuses promotionnant un tourisme de fête (feu de camp, musique, alcool ) qui n’a pas vraiment sa place au sein d’un site archéologique. La tranquillité et la conservation de ce genre de site à l’abandon est souvent fortement menacé lorsqu’ils deviennent trop connus.

Les ordures à Rupac après les fêtes nationales
  • Éviter absolument de venir le week-end et les jours fériés péruviens, sinon vous risquez de vous retrouver au milieu de 100-200 personnes.
  • Pas de bruit, pas de musique.
  • Pas de feux de camp. Risque d’incendie important en saison sèche.
  • Respecter le site, les Kullpis ne sont pas des toilettes, on ne joue pas avec les os, on évite d’escalader les murs et les toits ou alors sans faire tomber des pierres.
  • Emporter des sacs pour rapporter vos ordures et les tonnes des saloperies laissées par les péruviens !
  • Prudence lors de la visite de l’intérieur des Kullpi, ils ne sont pas tous en bon état et certains comportent des risques d’effondrement.
  • Quand on est seuls sur le site le bivouac au sein des ruines est magique, pas de feu, pas de poubelle, discrétion et démontage de tente tôt le matin.
Bivouac au cœur des ruines

Le saviez vous ?

  • Malgré sa beauté et une popularité croissante auprès des habitants de Lima, Rupac reste presque totalement à l’abandon et n’a jamais été mis en valeur, les études sur le site et les Atavillos en généralement sont donc rares, la plupart des informations pertinentes sont issues de fouilles datant de 2017.
  • Les Atavillos ont également construit de nombreux autres sites dans les vallées de Chancay et Chillon : Chiprac, Añay, Cantamarca, Racsa, sinchipampa, etc. Ils sont dans ma liste d’exploration et je ne manquerais pas de publier quelques chose sur ces lieux.
  • Les provinces actuelles ont conservées les nom d’Atavillos alto et Atavillos bajo (Atavillos du haut et du bas pour les non-hispanophones), ce qui rappelle évidemment la division Hanan et Urin (haut et bas) des sites incas et plus généralement le concept de la dualité andine.
  • La zone offre un parfait exemple du déplacement des villages andins des montagnes vers les vallées, Rupac correspond à l’époque pré-hispanique, Pampas au village colonial et La Florida au village moderne.
  • Ne manquez pas d’observer les restes du Qhapac ñan (chemin inca) qui remontait dans la vallée de Chancay vers le site archéologique de Pumpu.
  • La vallée de Chancay à aussi abritée une des grandes civilisation de la côte centrale contemporaine des Atavillos : les Chancay. Si leurs édifices sont peu connus, leurs céramiques et leurs textiles sont célèbrent en emplissent les musées et collections privées du Pérou. Si vous avez le temps vous pouvez visiter le musée municipal de Chancay en route.

Infos pratiques

  • Prix entrée : 5 Soles
  • Type d’accès : Trek
  • Temps d’accès : 2 jours, visite à la journée envisageable avec un transport privé en partant très tôt de Lima
  • Région, département : Région de Lima / département de Huaral
  • Altitude : 3500 m
  • Dénivelé de la randonnée : Pampas- Rupac +550m -100m La Florida-Pampas +660m
  • Ville de départ suggérée : Lima
  • Temps visite : Comptez minimum 2h pour la visite de Rupac plus 30min à 1h pour Marca Kullpi.
  • Période de visite : Toute l’année (paysage désertique de Juillet à Novembre et vert de Décembre à Juin).
  • Service de guide : non
  • Services de muletiers : oui à Pampas
  • Etat du site : défriché
  • Musée de site : non

Sources

Marussi Castellan Ferruccio, Rupac Destino Turistico Excepcional, Lima, Orval Universidad Peruana de Arte, 2014, 77p.

Marussi Castellan Ferruccio, Rupac : Analisis Urbanistico de una ciudad Prehispanica, Boletin del Insituto francés de Estudios Andinos. Vol. VII, N°1-2-3. Lima, 1979

Arqueología de Rupac, un sitio Atavillos en la cuenca alta del río Chancay – Huaral Pieter D. van Dalen Luna, Han Grados Rodríguez, Francisco Medina Sánchez, Roberto Tello Cuadros y Miller Malpartida Gamarra, Arqueología de Rupac, un sitio Atavillos en la cuenca alta del río Chancay – Huaral , Actas del II Congreso Nacional de Arqueologia, Volumen I, Lima, Ministerio de Cultura, 2017

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